Le cinéaste Habib De Wilfried MAZANGUE


Pour le cinéaste Habib De Wilfried MAZANGUE « il faut organiser des Cafés Cinéma pour redynamiser le 7ème art centrafricain »

Monsieur Habib De Wilfried MAZANGUE est Cinéaste de profession et Consultant audiovisuel auprès de la Cellule de Communication de l’Université de Bangui. Il a bien voulu recevoir l'Hirondelle pour nous édifier sur les perspectives du cinéma centrafricain et les démarches menées par le Réseau des Cinéastes centrafricains pour redynamiser leur art et le faire partager aux cinéphiles de RCA à à l'étranger. Car le cinéma centrafricain a vocation à s'exporter dans les grands Festivals internationaux mais aussi à côtoyer d'autres cinémas du monde dans un Festival dédié, qui sera organisé à moyen terme en RCA et ce pour un brassage des cultures. Vecteur d'enrichissements humains et de rapprochement des peuples.


L'Hirondelle (LHRD) : Comment êtes-vous venu au cinéma ?

Habib De Wilfried MAZANGUE (HWM): Je suis Ingénieur des travaux cinématographiques. J'ai fait mes études à l'Institut supérieur de l'image et du son de Ouagadougou au Burkina Faso. Ensuite je suis rentré à Bangui. Puis j'ai créé une société dénommée FILMS CONSULT AFRIK (une SARL). Ensuite j'ai créé une ONG Afrimages international qui est une ONG de production, de cinéma et d'audiovisuel. J'ai créé la société précitée car pour candidater aux appels d'offres auprès de la Francophonie, il faut être Chef d'entreprise. J'ai alors postulé à trois appels à projet de la Francophonie (Fonds francophone audiovisuel du Sud). J'ai également créé l'ONG pour pouvoir bénéficier des prestations auprès des organismes internationaux et obtenir des subventions de l'Etat. Enfin, je suis Coordonnateur du RECEPCIA (Réseau Centrafricain des Professionnels du Cinéma et de l'Audiovisuel).

LHRD : Quelle est votre actualité artistique ?

HWM : J'ai écrit des scénari qui ne sont pas encore financés ainsi que des fictions. J'ai également écrit des films documentaires pour mettre en exergue des faits sociaux. J'ai postulé à des appels à projet. En avril 2018, j'ai procédé à la réalisation et le montage d’une émission télévisuelle d’éducation scolaire intitulée « VOTRE ENFANT, COMMENT LE RENDRE GENIE » qui s’étale sur 15 épisodes de 15 minutes chacun pour le compte de AFRIMAGE INTERNATIONAL ; En mars 2018 je fus le Coréalisateur sur un film de docu-fiction  de portrait d’un volontaire en cours de montage pour le compte de NOVO MEDIA, entreprise américaine.  En Janvier  2018 je fus Assistant réalisateur et cadreur sur un film de moyen métrage de 32 min intitulé «Conseil de famille » pour le compte de Groupe culturel « MBIYE BEAFRICA ». En mai 2017 : Réalisation et montage d’un film documentaire de 15 min intitulé « Fistules Obstétricales en Centrafrique, Sensibilisation et Plaidoyer » pour le compte de l’UNFPA ; 

LHRD : Y-a-il un déficit d représentativité des cinéastes centrafricains dans le monde ?

HWM : C'est par nos œuvres que nous pourrons exister et faire rayonner la République centrafricaine à l'international. Je propose d'organiser des Rencontres du Cinéma, des Cafés Cinéma pour débattre du cinéma africain en général et du cinéma centrafricain en particulier. Avant même d'organiser un Festival du cinéma en Centrafrique, nous devons produire des œuvres cinématographiques qui tiennent la route et qui suscitent l'intérêt des Festivals étrangers. De plus pour organiser un Festival international en RCA, il faut mobiliser des moyens financiers conséquents et disposer d'un carnet d'adresses pour  inviter les grands noms du septième art qui auront une audience dans le monde entier et feront découvrir la RCA à l'étranger sous un jour enviable et noble.  Pour cela on doit commencer par les Cafés cinéma et inviter les jeunes réalisateurs, les jeunes talents à confronter leurs points de vue sur les techniques de cinéma et les genres de la discipline. On doit inviter les cinéphiles car c'est notre public qui peut aussi nous édifier sur leurs attentes critiques. Sur ce que, nous, cinéastes, nous sommes susceptibles d'apporter à la Nation centrafricaine.

LHRD : Pensez-vous qu'il faille organiser la profession de cinéaste en République centrafricaine ?

HWM : Il y a peu de professionnels du cinéma en RCA. Il y a de jeunes amateurs et des professionnels qui tournent des films dans leur coin. Il faut résolument regrouper toutes ces personnes au sein d'ateliers de formations pour faire d'une pierre deux coups. On va faire l'inventaire de qui est professionnel et qui a écrit quoi ? Pour faire un état des lieux de la profession et du secteur du cinéma en Centrafrique.  En 2013, nous avions créé le RECEPCIA qui est le Réseau centrafricain du secteur cinématographique et dont le siège est situé au Palais Omnisports.  Les adhérents de ce réseau sont les Responsables numéro 1 de leurs associations respectives dans le domaine du cinéma et du théâtre. Mon ONG Afrimages International est affiliée à ce réseau. Pour les gens intéressés pour rejoindre le réseau ils peuvent contacter le RECEPCIA au 72383433 et 75507761. Je fais du learn-doing (en anglais « apprendre en faisant » pour former nos étudiants en cinéma et audiovisuel. Le RECEPCIA fut créé en 2013 mais en raison de la crise les activités ont été bloquées. Nous avons réussi à obtenir l'agrément du Ministère de la Culture. Nous souhaitons relancer les activités.

LHRD : Pouvez-vous nous parler de la Rencontre Cinéma q
ui aura lieu début septembre 2018. En quoi consistera-telle ?

HWM : Nous sommes en phase de mobilisation des financements pour organiser cette Rencontre cinéma dans des conditions optimales. A cet égard, je lance un vibrant appel aux partenaires financiers de la RCA, amoureux du cinéma et soucieux de soutenir notre art.  Nous allons débattre du cinéma, des techniques de réalisation, de l'écriture d'un scénario, de la direction des acteurs, du montage, de la production. Si l'on parvient à organiser plusieurs Cafés Cinéma et évènements de ce genre. L'optique d'un Festival international du 7ème art à Bangui pourrait devenir une réalité à moyen terme.

Interview réalisée par Isabelle KESSEL

SOURCE JOURNAL "L'HIRONDELLE"


















Emmanuel YOUMELE veut organiser une Bangui Fashion Week vitrine du talent centrafricain

Monsieur Emmanuel YOUMELE, Président de l'ASCCAM (Association des Stylistes, Couturiers centrafricains et Mannequinat) a bien voulu recevoir l'Hirondelle pour nous édifier sur les difficultés que connaît la mode centrafricaine et son souhait de hisser haut ce secteur afin de le faire connaître à l'étranger par l'organisation d'une Bangui Fashion Week. Enfin il forme le vœu de l'émergence d'une industrie de la mode en Centrafrique et du développement d'usines textiles. Entretien.

L'Hirondelle (LHRD) : quelle est la genèse de l'ASCCAM ?

Emmanuel YOUMELE (EY) : Je suis allé à l'étranger plus précisément à Abidjan au MASA (Marché africain du spectacle) en 1995. J'étais avec Pathéo un styliste ivoirien. Patheo était le couturier personnel de Nelson MANDELA. A mon retour à Bangui, j'ai voulu reproduire l'exemple de l'Association des Stylistes ivoiriens. J'ai appelé l'un de mes frères et on a fait de la sensibilisation. Le 9 juin 2009 nous sommes allés à l'Espace Linga Tere pour une première réunion et nous avons fixé la date de l'AG pour mettre en place le Bureau de l'ASCCAM. Puis nous avons mis en place les points focaux dans les huit arrondissements de Bangui. En 2010, on a reçu la reconnaissance administrative du Ministère de l'Intérieur et du Ministère des Arts et de la Culture. Ensuite, nous avons organisé notre premier défilé intitulé « Balade sur l'Oubangui ». Ensuite d'autres défilés ont suivi en partenariat avec l'Association Maboko na Maboko, qui est basée à Bordeaux en France. Il y a eu par ailleurs des renforcements de capacités pour les couturiers.

LHRD : quelle est la différence entre un tailleur et un styliste ?

EY: La mode est un grand cercle qui recouvre de nombreuses spécificités. Les tailleurs sont des piqueurs et les couturiers sont ceux qui sont en mesure de gérer un atelier de couture. Le styliste c'est un créateur. Le modéliste travaille conjointement avec le styliste. C'est lui qui reçoit les patrons. Quant au costumier, c'est celui qui sait lire un scénario et qui réalise aussi des moulages. Le costumier est én définitive au sommet de cette profession. Quand il y a un scénario de film c'est au costumier de réaliser les costumes de tous les personnages et de les présenter ensuite au metteur en scène pour appréciation.

LHRD : Pourquoi la mode centrafricaine est moins avancée que celle du Mali, du Niger ou encore du Sénégal ?

EY : La République centrafricaine est un pays qui a connu des crises à répétition obérant son émergence socio-économique. Les entreprises qui avaient coutume de nous financer et donc de soutenir notre art, sont plus rétives pour octroyer des fonds de nos jours. Ce qui fait qu'il nous est très difficile d'organiser des défilés y compris haute couture. Ceci freine notre créativité et notre progression.

LHRD : quelles sont les perspectives de la mode centrafricaine ?

EY : Nous aspirons à organiser une Bangui Fashion Week qui puisse rivaliser avec celle de l'Angola, de l'Afrique du Sud ou du Ghana. Ces pays sont très inspirants pour nous stylistes centrafricains. Nous exhortons les entreprises basées en République centrafricaine à travailler avec nous, à nous soutenir financièrement pour que l'on puisse organiser des défilés haut de gamme avec des décors époustouflants et une scénographie empreinte de créativité et d'innovation.

LHRD : en votre qualité de styliste centrafricain, quel est votre message à l'endroit du Gouvernement ?

EY : Nous demandons au Gouvernement de nous accompagner dans notre processus créatif sur un plan financier, technique avec les formations dédiées à la haute couture africaine. De nous aider à promouvoir la mode centrafricaine à l'étranger, de nous aider à faire connaître nos créations et modèles lors de leurs voyages à l'extérieur. Nous demandons au Président TOUADERA d'être l'Ambassadeur de la Mode centrafricaineà l'international. Nous demandons enfin au Gouvernement de nous aider à mettre en place une industrie de la mode centrafricaine.

LHRD : comment la mode centrafricaine peut-elle devenir une industrie ?

EY : Les personnes ressources sont là. A l'ASCCAM. Nous avions déposé un projet à l'Union européenne qui a été retenu. Il consiste en en la construction d'un Institut de formation de la couture, du stylisme et de la mode. Auparavant, la RCA disposait d'une industrie cotonnière Oubangui-Tchad basée à Boali. Elle fut fermée en 1970. Puis il y a eu UCATEX. Fermée aussi depuis. Il faut aussi renforcer nos capacités créatives. Je pense à l'enseignement supérieur avec des spécialisations dans le domaine du textile. Pourquoi ne pas demander une convention de partenariat avec la Parson School of Design de New York qui forment les meilleurs stylistes au monde. Et ce via l'Ambassade des Etats-Unis. C'est une idée à creuser. Nous saluons enfin la Chine qui a accepté de créer une usine de textile à Bossangoa en plus de l'exploitation du coton. Nous exhortons les sociétés étrangères à s'installer en République centrafricaine pour installer des usines textile pourvoyeuses d'emplois et de dynamisme économique.

Interview réalisée par Isabelle KESSEL

SOURCE JOURNAL "L'HIRONDELLE"

Organisation à Bangui d’une conférence-débat sur le leadership des jeunes et les relations avec la Russie

Bangui, 23 av. (ACAP)- Le directeur exécutif du centre international en développement de l’éthique et du leadership (CIDEL), le pasteur Augustin Hibaïlé et le président des paysans centrafricains, Pascal Bida-koyagbélé, ont animé, samedi 21 avril 2018 à Bangui, une conférence-débat portant sur le thème : « Le leadership des jeunes, quelles perspectives » pour le premier et « L’intervention de la Russie peut-elle sauver la RCA ? » pour le second.



Organisation à Bangui d’une conférence-débat sur le leadership des jeunes et les relations avec la Russie
 Le Pasteur Augustin Hibaïlé a expliqué que le thème qu’il a exposé vise à inciter les jeunes à être une jeunesse visionnaire après la crise que le pays vient de connaître. 
  
Il a indiqué que son enseignement a essayé de faire un retour rétrospectif sur la crise identitaire du centrafricain qui ne connaît pas l’histoire et les idéaux des grands hommes qui ont construit la nation centrafricaine. 
  
Selon lui, l’éducation doit être au cœur de ce système qui cherche à modeler les jeunes à l’image de  ce qui s'est fait peu de temps après les indépendances. 
  
En somme, l’orateur a émis le vœu qu’il y ait adéquation entre la formation et l’emploi en formant des créateurs d’emploi au lieu des demandeurs d’emploi. 
  
Quant à la conférence débat la plus attendue, Pascal Bida-koyagbélé a soutenu que le rapprochement de la République Centrafricaine avec  la Russie  est salutaire pour notre pays sur les plans politique, économique, social, géostratégique, et diplomatique. 
  
Ce rapprochement permet à notre armée d’être suréquipée, surentrainée et que d’ici la fin de l’année, cette armée sera entièrement sur pied, a-t-il affirmé. 
  
Il a relevé que les opérateurs russes se proposent de développer des deals avec nos opérateurs économiques dans le domaine des industries, des banques, des services et que ce pays ami se propose de livrer à la RCA 6.000 tracteurs agricoles. 
  
La Fédération de Russie, qui a d'immenses potentialités en richesses du sous-sol, ne convoite nullement nos minerais mais cherche seulement à se positionner en Afrique, a-t-il souligné. 
  
Sur le plan diplomatique, il a mentionné la Volonté de la Russie qui s’est fortement impliquée dans la résolution de la crise centrafricaine et ne pourra être qu’un allié au niveau du Conseil de Sécurité.  
  
Selon lui, le rapprochement avec la Russie commence à faire bouger les lignes car Israël se propose d’envoyer en République Centrafricaine des instructeurs pour former nos militaires. 
  
Pascal Bida-koyagbélé a conclu en pointant la volonté de la Russie d’amener la République Centrafricaine à coopérer avec des pays émergents, notamment ceux de la Fédération de Russie, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et la Chine. 
  
Il convient de rappeler que c’’est maître Isabel Kessel qui a assuré la modération de cette conférence-débat. 

SOURCE "CENTRAFRICAINE PRESSE"
  

PROMETHEUS-RCA réfléchit sur les enjeux du leadership des Jeunes et de la coopération RCA-Russie

Le Think Tank Prometheus-RCA a réfléchi sur les thèmes du leadership de la jeunesse et de la coopération Russie-RCA. Devant un public venu en nombre au Palais Omnisports, les panélistes Pascal Bida KOYAGBELE et le Docteur HIBAILE, Fondateur du CIDEL ont pu édifier les participants sur les thèmes précités et leurs enjeux.
DR AUGUSTIN HIBAILLE, Coordonnateur ONG CIDEL

Mr Pascal Bida KOYAGBELE, Président des Paysns Centrafricains

Les participants aux conférence-débats
La promotion du leadership des Jeunes en République centrafricaine peut autoriser le développement du pays. L 'enjeu d'une formation de qualité et surtout adaptée aux réalités du marché du travail en Centrafrique a été abordé par le Dr HIBAILE. Fondateur du Centre International pour le Leadership, Augustin HIBAILE a rappelé que 60% de la population africaine est composée des 15-34 ans et que 10 millions de jeunes Africains arrivent chaque année sur le marché du travail. Partant de ce constat, le panéliste a souligné que tout le monde ne peut pas devenir fonctionnaire.Maître KESSEL, Avocat, Expert en Géopolitique et Intelligence économique a exhorté le Gouvernement centrafricain de s'engager dans des études et des réflexions sur l'autonomisation des Jeunes Centrafricains. Elle a ensuite rappelé la Charte visionnaire qu'est la Charte africaine de la Jeunesse adoptée en 2006 lors d'un Sommet de l'Union africaine. Cette charte est devenue le cadre juridique visant à orienter et à appuyer les politiques, les programmes et actions en faveur des Jeunes en Afrique. Cette charte représente enfin le seul instrument normatif de cette nature adoptée à l'échelle d'un continent. Elle entend donner un rôle institutionnel à leur participation aux plateformes nationales, régionales et continentales. Il a été proposé par les panélistes la stratégie suivante. Elle se décline en trois axes. Tout d'abord, la production et la gestion de connaissances sur les questions relatives à la jeunesse centrafricaine. Ensuite, l'élaboration de politiques de la jeunesse avec la participation des Jeunes Centrafricains. Enfin, dernier axe, la participation des jeunes à la prise de décisions, l'engagement citoyen et l'inclusion sociale. En termes de leadership, d'engagement citoyen et d'entrepreneuriat des jeunes, trois composantes doivent être identifiées. Il s'agit des jeunes leaders ayant déjà créé leur entreprise, ONG mais qui n'arrivent pas à percer. Puis il y a les jeunes non encore actifs mais porteurs d'une idée novatrice et pertinente. Enfin il y a les jeunes les plus vulnérables et marginalisés. Le Gouvernement centrafricain doit prioriser les actions qui ont des effets structurels. Les panélistes dans leurs échanges avec le public ont souhaité promouvoir et enrichir le débat sur cette problématique. Le Dr HIBAILE a souligné l'importance que le Président de la République et le Gouvernement écoutent les Jeunes de Centrafrique afin d'incarner une RCA nouvelle qui soit autre chose qu'un nouvel eldorado minier, énergétique ou agricole. Un certain nombre d'exigences s'imposent si on veut placer toute cette jeunesse sur une orbite moderne par le biais de formations professionnelles orientées sur les métiers d'avenir. Les Jeunes de RCA doivent nourrir d'autres ambitions que celles de devenir fonctionnaire ou militaire. Il faut rebâtir le socle des valeurs de la Société centrafricaine et faire en sorte que l'exemple vienne d'en haut. Monsieur KOYAGBELE, Président des Paysans centrafricains a fait un exposé sur les bienfaits de la coopération russo-centrafricaine. Il a édifié le public en expliquant que le Gouvernement centrafricain a signé un accord pétrolier octroyant à la RCA 90% des recettes pétrolières. Un taux inédit qui a suscité l'espoir des participants dans une possible émergence de la République centrafricaine à l'horizon 2025. M. KOYAGBELE a rappelé que la Russie ne vise pas les ressources du sous-sol de la Centrafrique mais qu'elle souhaite seulement étendre son influence sur le continent africain pour rééquilibrer les rapports de force face aux Etats-Unis dans le contexte d'un monde qui renoue avec une certaine bipolarité dans les enjeux géopolitiques. L'intérêt de la RCA est d'exploiter ces rivalités entre grandes puissances, pour devenir prospère et assurer un progrès social à son peuple. Rappelons que le Centre de recherches et de prospective PROMETHEUS-RCA entend lutter contre la pensée unique et valoriser la pensée critique.

De CAULAINCOURT

SOURCE JOURNAL "L'HIRONDELLE"

Le Think Tank PROMETHEUS-RCA a tenu une conférence sur les Enjeux de la Bonne Gouvernance

Le Think Tank PROMETHEUS-RCA, fondé par Monsieur Trinité FODE KOUE, a organisé une conférence-débat avec les Jeunes Leaders centrafricains à l’Omnisports sur la thématique des enjeux de la bonne gouvernance. Des panélistes de haut niveau à savoir Monsieur MAVOUNGOU, Magistrat à la Cour des Comptes, et Boniface NZONIKOUA, Haut-Commissaire de la Haute Autorité de la Bonne Gouvernance, étaient présents pour édifier les Jeunes Leaders sur les facteurs de relèvement de la République centrafricaine, qui passent par le respect des standards internationaux en termes de bonne gouvernance.


Les débats étaient présidés par Maître Isabelle KESSEL, Avocat international, Expert en Géopolitique et en Intelligence économique. Maître KESSEL a rappelé à l’auditoire la définition de la gouvernance. La Banque Mondiale définit la gouvernance comme la manière dont sont gérées les ressources économiques et sociales d’un pays à l’appui de son développement. Ensuite, il a été souligné que la bonne gouvernance réside dans l’exigence pour un Gouvernement des hommes, d’une Administration d’une gestion des choses qui soit démocratique, efficace, juste et responsable, fondée sur l’équité et le droit, la transparence et l’implication des acteurs. Puis Maître KESSEL a énoncé les 3 enjeux principaux de la bonne gouvernance. Tout d’abord la réalisation et ou la consolidation de la paix, de la sécurité, et de la stabilité. Puis la construction et ou l’amélioration de la démocratie. Enfin, la conduite efficiente d’un processus de développement durable. Les 6 critères de la bonne gouvernance ont ensuite répertoriés comme suit : la manière dont les citoyens d’un pays participent à la sélection de leur Gouvernement
. Ensuite l’efficacité de ce Gouvernement et les qualités de ses institutions et leur indépendance par rapport aux pressions politiques, ainsi que la qualité de l’élaboration et de l’application des politiques sans oublier la crédibilité de l’engagement des pouvoirs publics à l’égard de ces politiques. Ensuite la qualité de la réglementation : il s’agit alors de la capacité pour le Gouvernement à formuler et à appliquer des politiques et des réglementations saines favorables au développement du secteur privé.  Puis le critère de l’état de droit a aussi été évoqué. Il s’agit du degré de confiance qu’ont les citoyens dans les règles de la société et la manière dont ils s’y conforment en particulier le respect des contrats, des droits de propriété, de la police et des Tribunaux. Puis le critère du contrôle de la corruption a été abordé par les panélistes.La corruption consiste en l’utilisation des pouvoirs publics à des fins privées et en la prise en otage de l’État par une élite et des intérêts privés. Le dernier critère qu puisse mesurer la bonne gouvernance est celui de la stabilité politique et l’absence de violence. Il mesure donc l’éventualité pour un Gouvernement d’être déstabilisé par des moyens anticonstitutionnels. Le Magistrat à la Cour des Comptes, Romuald MAVOUNGOU a ensuite présenté la contribution de la Cour des Comptes à l’exigence de bonne gouvernance en République centrafricaine. A savoir la vérification de l’exactitude des comptes publics  par le biais de contrôles et l’absence de détournement des deniers publics. La Cour des Comptes contrôle enfin l’exécution de la Loi de Finances. Le Magistrat MAVOUNGOU a spécifié à l‘auditoire que la Cour des Comptes n’a jamais été saisie sur la question de l’audit du don angolais géré par la Présidence SAMBA-PANZA. Et qu’il serait pertinent à cet égard qu’une Commission d’enquête parlementaire soit nommée pour effectuer ce travail d’investigation. Le Haut-Commissaire à la Haute Autorité de la Bonne Gouvernance (HABG), Monsieur Boniface NZONIKOUA a exhorté tous les Centrafricains à s’impliquer dans le processus de bonne gouvernance. En effet, le Haut-Commissaire NZONIKOUA a expliqué aux Jeunes Leaders que la bonne gouvernance faisait l’objet d’une approche holistique et requérait la participation de tous les citoyens de Centrafrique de par un changement des comportements et des mentalités en profondeur. C’est donc une approche multi-acteurs et intégratrice dont il est question en l'espèce.

De CAULAINCOURT

SOURCE JOURNAL "L'HIRONDELLE"

Pour le Dr HIBAILE, le CIDEL aspire à renforcer le leadership de la RCA

Le CIDEL (Centre International pour le Développement de l'Ethique du Leadership) créé en 2005 a pour objectif de former les Leaders centrafricains à l’Éthique et à instiller la résilience au sein des populations tout comme auprès des décideurs de la RCA.  Le CIDEL est situé derrière la Faculté des Sciences de l'Université de Bangui. Le Dr Augustin HIBAILE a bien voulu recevoir l'Hirondelle pour exposer les activités du CIDEL et les perspectives d'intervention pour 2018 avec un accent mis sur les jeunes Leaders et les Femmes Leaders. Entretien.


L'Hirondelle (LHRD) : Quelle est la genèse du CIDEL ?

Augustin HIBAILE (AH) : En 2005, le CIDEL est né d'un constat amer, celui du déficit de l'éthique et du leadership. Un déficit observé depuis de nombreuses années à trois niveaux. Tout d'abord au niveau familial. Ensuite au niveau des Institutions religieuses. Et enfin au niveau de l'Etat. Si un individu ne sait pas comment diriger sa famille, il ne sera pas en mesure de diriger toute une Administration. Je fus aumônier de la police pendant  dix-sept ans. J'ai eu l'occasion de constater des anti-valeurs quand je circulais dans le pays. Je constate par ailleurs que chez certains leaders religieux, il est prôné la bonté alors que ces mêmes leaders font le contraire en pratique. Ils vivent l'opposé de leurs paroles. Tout cela m'a interpellé. Et j'ai rendu mon tablier de formateur dans le domaine théologique pour finalement créer le CIDEL qui est le Centre International pour le Développement et l’Éthique du Leadership. Dont le siège est situé à l'Université de Bangui. Le CIDEL fut reconnue comme ONG nationale en 2005 puis comme Association en 2006.

LHRD : Quelles sont les activités menées par le CIDEL ?

AH :  Cette ONG travaille en plusieurs endroits du monde. Elle est reconnue par le Gouvernement camerounais depuis 2013. Nous faisons des formations en termes de séminaires à l'intention des leaders, afin de renforcer la cohésion au niveau de la Société à la base de laquelle on trouve la famille. Nous organisons par ailleurs des séminaires avec différentes thématiques auprès des leaders religieux.  Nous avons ensuite organisé des séminaires destinées au Gouvernement centrafricain, aux partis politiques, aux entreprises. Un accent particulier est mis sur la formation des jeunes Leaders centrafricains au niveau de l'Université de Bangui. De là nous avons décidé de construire un Centre Universitaire d'Ethique du Genre et du Développement du Leadership. Ce centre est un espace de formation, de renouvellement de l'intelligence et d'orientation des jeunes vers un leadership au service de la Nation. Que l'on appelle aussi le Leadership serviteur. Le CIDEL a signé un partenariat avec l'Université de Bangui. Cela nous permet de contribuer à la conception des curricula. En outre, nous avons eu à organiser des ateliers de conception de cours sur l'éthique, la micro-entreprise et nous envisageons à terme d'introduire des programmes en partenariat avec l'Université de Pretoria en Afrique du Sud.

LHRD : En quoi consiste l'éthique de l'information ?

AH : L'éthique c'est ce qui permet aux communicateurs de comprendre l'enjeu des nouvelles technologies de l'information et de la communication. Ce qui constitue des technologies non enseignées au public. Nous souhaitons par conséquent que ce même public puisse s'approprier de ces technologies de manière éthique. Le téléphone cellulaire est un instrument de communication commercial. Son usage doit revêtir un aspect éthique. Tout comme l'usage du véhicule créé par FORD, et dont l'utilisation a ensuite exigé la mise en place de réglementations dédiées. L'éthique a donc pour but ultime de faire réfléchir les individus sur le bon sens dans telle ou telle thématique. Le CIDEL travaille déjà avec l'Institut africain pour l'éthique de l'information de l'Université de Pretoria, dont le Directeur a déjà été présenté au Staff rectoral de Bangui. Et ce dans l'optique de former des enseignants. Nous avons ensuite travaillé  dans le domaine de l'humanitaire en distribuant des kits aux déplacés internes à Bimbo, Sica 1 en 2015. Nous avions organisé des séminaires sur la semaine de la paix et de la cohésion sociale au village de Boyalé sur l'axe Boali à 120 Km de Bangui. Ce qui a permis de restaurer la réconciliation dans la zone.  Avec les jeunes leaders, les leaders religieux, les leaders communautaires et les femmes leaders de cette localité. Nous avons procédé à un suivi sur ce dossier et nous avons pu conclure que 82% de la population de Boyalé avait apprécié notre initiative dans le domaine du pardon.

LHRD : Qu'attend le CIDEL pour aller convaincre les chefs rebelles tels que Noureddine ADAM, Ali DARAS et compagnie de déposer les armes et de laisser les Centrafricains vivre enfin en paix ?

AH : Pendant les évènements de 2013-2015, le CIDEL ne pouvait travailler dans le sens de ses objectifs statutaires. Nous sommes restés sensibles à ce qui se passait. Nous avons dénoncé les atrocités. Les gens étaient dispersés et on ne pouvait plus enseigner. Nous avons dû trouver des alternatives dans notre façon de procéder. Nous avons travaillé sur le volet humanitaire. J'ai reçu une formation dans le domaine du DDRR en 2013 à Barcelone, en Espagne avec le Barcelona Peace and Reconciliation. J'ai donc pu intégrer ce volet dans nos formations. Si on nous en donne les moyens, nous sommes prêts à créer des contacts avec les chefs de groupes armés pour les orienter vers une prise de conscience sur la nécessité du Vivre ensemble. Et ce pour qu'à l'avenir ils évitent de s'entretuer.

LHRD : Quelles sont les perspectives du CIDEL pour 2018 ?

AH : Pour 2018, nous souhaitons renforcer la formation de nos étudiants dans le domaine du leadership en général et féminin en particulier. Initier les étudiants centrafricains dans le domaine de l'éthique appliquée, qui consiste à questionner les problèmes sociaux. Nous cherchons des référentiels qui permettent de résoudre les problèmes moraux et éthiques du pays. Afin d'apporter de l'équilibre dans la vie de nos concitoyens. Nous avons comme projet d'utiliser les étudiants formés dans notre Centre pour qu'ils œuvrent à la réforme de la Société centrafricaine. Nous appelons cela l'acronyme GENIEARMES. Les étudiants une fois formés, diffuseront les enseignements à leurs pairs au sein d'autres universités. En 2018, nous allons organiser des séminaires avec d'autres partis politiques. Ensuite, nous attendons d'autres opportunités pour réaliser les recommandations du séminaire gouvernemental tenu en avril 2017. Nous voulons apporter nos expertises aux institutions étatiques de la République centrafricaine. Nous souhaitons former les leaders d'aujourd'hui et de demain. Nous avons pour ce faire, besoin de soutiens financiers et je lance un vibrant appel aux partenaires techniques et financiers de la RCA, pour soutenir nos actions en termes de leadership.  L'optimisme est notre credo. La RCA peut faire montre de résilience et aller vers le positif à l'instar du Rwanda, qui revient de loin. Le Rwanda est devenu cette année la 3ème puissance économique d'Afrique, derrière le Nigeria et l'Afrique du Sud. Pourquoi pas bientôt la RCA ? Nous faisons appel aux filles et fils de RCA pour apporter leur contribution au relèvement du pays, comme le fait le CIDEL à travers la promotion de l'éthique et du leadership. Enfin, le CIDEL co-organise une conférence-débat avec le Think Tank PROMETHEUS-RCA le samedi 21 avril 2018 à 15H au Stade Omnisports. Sur le thème : Leadership des Jeunes : quelles perspectives pour la RCA ?

Interview réalisée par Isabelle KESSEL

SOURCE JOURNAL "L'HIRONDELLE"

"Apporter de la joie tant que je suis en vie" tel est le credo d’une Photographe japonaise de 90 ans qui pourrait inspirer les Centrafricains


Perchée sur un balai comme Harry Potter, prise au piège d'un sac en plastique ou en lévitation chez elle: une Japonaise de 90 ans fait fureur sur les réseaux sociaux, avec ses clichés bourrés d'humour. Son exemple pourrait inspirer les Photographes d’art centrafricains pour montrer au monde l’humour et la résilience du peuple de RCA.




Armée de son appareil photo, Kimiko Nishimoto, bientôt 90 printemps et plus de 41 000 abonnés Instagram, s'amuse comme une folle en imaginant des photos farfelues. Cette arrière-grand-mère japonaise est devenue un phénomène sur Internet en seulement deux mois grâce à ses clichés hilarants qu'elle a commencé à publier régulièrement depuis le mois de novembre 2017. Née en 1928, année de la cérémonie de couronnement de l'empereur Hirohito, elle a découvert la photo sur le tard après une vie de mère au foyer. Quand elle commence à prendre des cours, à 72 ans, c'est le coup de foudre. "J'adore mon appareil photo", confie la charmante octogénaire, dans sa maison de Kumamoto, dans le sud-ouest du Japon. "Je le garde à mon chevet quand je dors, juste au cas où. Je l'ai toujours près de moi." Dix ans plus tard, elle organisait sa première exposition en toute discrétion dans sa ville natale. Mais sa récente conversion aux réseaux sociaux a propulsé sa renommée bien au-delà des frontières de sa province. En décembre 2017, elle a même eu les honneurs de la capitale japonaise, et de nombreux fans se sont pressés dans la galerie de Tokyo qui présentait ses oeuvres. Kimiko Nishimoto n'en revient toujours pas. "Au début, je ne savais pas que mes photos étaient aussi populaires", raconte-t-elle, les yeux rieurs. "Ce n'est pas tant que j'essaie de choquer les gens, je prends simplement des photos que je trouve amusantes." On la voit le visage tordu d'angoisse après être prétendument tombée de vélo, pousser son chariot de courses à toute vitesse ou encore être assaillie par une nuée de corbeaux en colère. "Je ne me suis jamais blessée en faisant mes photos", assure-t-elle. Mais "je ne pense pas vraiment au danger." Que ceux qui croient que les nouvelles technologies ne sont pas de son âge se détrompent: elle gère elle-même son compte Instagram sur son smartphone et maîtrise à merveille le montage photo, au point qu'elle apparaît "en lévitation" sur plusieurs images, déguisée en fée ou offrant une prière devant l'autel de son mari. Mon époux est décédé il y a cinq ans mais encore aujourd'hui, je lui montre mes photos", dit la vieille dame qui a trois petits-enfants et six arrière-petits-enfants. "Il m'a toujours soutenu quoi que je décide de faire." Aujourd'hui Kimiko Nishimoto vit seule, avec pour compagnie celle du robot semi-androïde Pepper, un cadeau de son fils. Mais ces jours-ci, elle n'a pas vraiment le temps de converser avec le volubile personnage blanc monté sur roulettes. "Oh, je ne l'ai pas allumé depuis un petit moment. Cela crée plus de tracas qu'autre chose, ce machin!", plaisante-t-elle. Elle préfère s'adonner à ses mises en scène. Après avoir débusqué son matériel dans le fouillis de son studio, elle enfile une moelleuse combinaison de chien et s'enchaîne à un poteau dans son jardin. Puis immortalise le tout en actionnant son appareil avec une télécommande. Les idées ne me viennent pas soudainement à l'esprit", glousse-t-elle. "Mais où que j'aille, j'imagine de quelle manière amusante je pourrais m'habiller à cet endroit". "A vrai dire, je ne pense pas au sens profond de la photographie pour moi", insiste la vieille dame. "Je veux simplement essayer d'apporter de la joie. C'est le secret de mon bonheur et je continuerai tant que je suis en vie."  Nous espérons voir très bientôt des Mamies centrafricaines suivre l’exemple de cette Japonaise pour donner à la photographie d’art centrafricaine ses lettres de noblesse à l’international (comme à PARIS PHOTO qui a eu lieu en octobre de chaque année) et montrer l’humour et la capacité de résilience des Centrafricains.
Isabelle KESSEL


SOURCE JOURNAL "L'HIRONDELLE"

Monsieur Robinson DJAMAWA, Jeune Leader centrafricain, à la tête de DJAMAWA BTP



Monsieur Robinson DJAMAWA, Jeune Leader centrafricain, à la tête de DJAMAWA BTP, une société de construction. Il a bien voulu recevoir l’Hirondelle pour nous édifier sur les enjeux du leadership de la Jeunesse responsable de l’émergence de la République centrafricaine.
L’Hirondelle (LHRD) : Pouvez-vous nous brosser les enjeux du leadership des Jeunes en terre centrafricaine ?

Robinson DJAMAWA (RD) : Nous les Jeunes Leaders centrafricains nous avons une responsabilité dans le changement des Jeunes de ce pays, avec un développement du civisme et l’arrêt des destructions. Nous les Jeunes centrafricains nous devons proposer  une vision, des solutions afin de changer notre avenir. Cela passe par le changement des mentalités. L’apprentissage d’un métier pour mettre fin au chômage endémique. Tout le monde ne peut pas être fonctionnaire. L’Etat centrafricain n’a pas les moyens d’embaucher tout le monde. Alors, les jeunes doivent se prendre en main et aller vers l’entrepreneuriat. C’est la clé du développement de la République centrafricaine. On doit renforcer l’autonomie des jeunes et les associer à la prise des grandes décisions, des programmes et des politiques qui intéressent le pays. On doit aussi renforcer les capacités des jeunes Centrafricains (en priorité les jeunes marginalisés) à faire progresser leurs droits fondamentaux et les questions de développement notamment la santé, l’éducation et l’emploi. Les jeunes Centrafricains doivent participer de manière proactive  aux forums internationaux et régionaux.

LHRD : Que pensez-vous des jeunes qui ont été embrigadés dans les groupes armés ?

RD : Beaucoup de ces jeunes n’ont pas d’autre alternative que de prendre les armes. Résultat ils entrent dans les groupes armés par désespoir et deviennent des épaves dans la brousse. C’est une jeunesse sacrifiée sur l’autel des intérêts politiques égoïstes. Notre jeunesse a été manipulée. Nous jeunes Leaders Centrafricains nous disons stop aux groupes armés et aux politiciens centrafricains véreux à la solde des grandes puissances. La classe politique centrafricaine ne propose rien à notre jeunesse. Nous n’avons pas besoin des hommes politiques, on va définir nous-mêmes notre avenir. Un avenir en confiance. On n’attend rien du Gouvernement et encore moins de l’Opposition. Il faut créer des emplois nous-mêmes. Nous demandons au Gouvernement de former les Jeunes dans des métiers tels que la maçonnerie, la menuiserie, l’électricité, la mécanique, le commerce, la comptabilité, la gestion, et les démarches fiscales. On doit assurer la promotion de l’initiative privée en République centrafricaine.

LHRD : Que pensez-vous des massacres perpétrés dans l’arrière-pays ?

RD : J’exhorte les groupes armés à déposer les armes et à mettre fin au calvaire enduré par nos frères et sœurs. On ne peut pas construire un pays avec les armes. La paix n’a pas de prix. J’encourage les Autorités centrafricaines à accélérer le processus de désarmement. Je remercie la République française car c’est ce pays ami qui a empêché le génocide en 2013 opposant Balakas et Sélékas. On a réchappé au pire, à l’innommable. Pour cela, la France est à saluer. La République française et la République centrafricaine seront toujours des Républiques sœurs.

LHRD : Quel est votre sentiment sur la formation des FACA par les instructeurs russes ?

RD : Je remercie et j’encourage l’initiative de la Fédération de Russie pour former nos FACA qui deviendront des forces d’élite et seront à même dans un futur proche, d’assurer l’intégrité de notre territoire. On veut avancer. Ceux qui ne veulent pas que la RCA se développe, tant pis pour eux.

LHRD : En tant que jeune Leader centrafricain, quel est votre message à l’endroit du Gouvernement centrafricain ?

RD : La Jeunesse centrafricaine ce n’est pas la Jeunesse de demain mais c’est déjà la Jeunesse d’aujourd’hui.J’exhorte par conséquent notre Gouvernement à améliorer le taux d’alphabétisation et d’achèvement des études primaires et de rendre accessible aux Jeunes Centrafricains les technologies de l’information et de la communication afin de nous ouvrir de nouvelles opportunités. Enfin, je demande aux Autorités centrafricaines de ne pas oublier les Jeunes handicapés et les Jeunes vivant dans les zones rurales ou marginalisées. Afin que tous les Jeunes Centrafricains soient traités sur un même pied d’égalité. Le Gouvernement centrafricain doit impliquer les Jeunes  dans la mise en œuvre des réformes. Suscitant l’espérance mais aussi de nombreuses préoccupations, l’enjeu  de l’encadrement et de l’accompagnement de cette Jeunesse de Centrafrique, sera la clé de voûte du développement de notre pays.

Interview réalisée par Isabelle KESSEL

SOURCE JOURNAL "L'HIRONDELLE"

Selon le Pasteur Dieudonné YAFARA, Président de la FECADOBS « le Don de Sang peut sauver des Vies »


La  Fédération centrafricaine de donneurs bénévoles de sang (FECADOBS) fut  créée en 2004 par un groupe de donneurs. Avant 2004, il y avait 5 associations et les responsables de ces associations ont estimé pertinent de mettre en place une Fédération pour coordonner leurs actions. En 2004, lors de la création de la Fédération, cette entité fut alors dirigée par Sylvain DJAMANI. Le Pasteur Dieudonné YAFARA en est le Président depuis 2014. Le Pasteur YAFARA a bien voulu recevoir l’Hirondelle pour nous édifier sur les enjeux du don de sang.

L’Hirondelle (LHRD) : Président YAFARA, quelles sont vos Missions au sein de la FECADOBS ?

Dieudonné YAFARA (DY) : Je coordonne, j’oriente tout ce qui a trait au don bénévole de don de sang. On fait des suivi-évaluations du don de sang 70 associations dans les 8 arrondissements de Bangui, la Lobaye, Bimbo et Bégoua et Kémo. Le Bureau de la FECADOBS élabore un plan d’action, fait le suivi et représente la Fédération devant les autorités centrafricaines et les organisations internationales (OMS et Emergency). Après la crise de 2013, il y a eu un projet de gratuité des poches de sang pour les patients en partenariat avec l’OMS et Emergency. Ce projet a cours jusqu’à ce jour. Nous coordonnons les activités en collaboration avec le CNTS.

LHRD : En quoi consiste le don gratuit et bénévole de sang ?

DY : Un don de sang est un processus par lequel un donneur de sang est volontaire pour se voir prélever du sang qui sera stocké dans une banque de sang avant de transfuser un malade lors d’une transfusion sanguine. Les donneurs de sang ne sont pas rémunérés.  

LHRD : En quoi consiste la transfusion sanguine ?

DY : La transfusion sanguine est un acte médical qui consiste à donner du sang à un malade pour différentes raisons : accidents, à la suite d’un accouchement, au cours d’une intervention chirurgicale, dans une anémie, dans les cas de maladies infectieuses.

LHRD : Quelles sont les conditions pour donner son sang ?

DY : Il faut être âgé de 18 à 60 ans, être en bonne santé et n’avoir pas été exposé à un risque d’infection par le VIH Sida ou toute autre maladie transmissible par le sang. Enfin, il ne faut pas avoir eu de comportements à risques.

LHRD : Dans quels cas on ne peut pas donner son sang ?

DY : Dans les cas suivants : si la personne prend de la drogue par injection, si la personne est séropositive, si la personne est enceinte, si la personne allaite, si la personne est atteinte d’une maladie sexuellement transmissible, si la personne a eu des rapports sexuels à risques et enfin si la personne est sous la prise d’alcool. La sécurité transfusionnelle est intimement liée au respect de ces directives, elles évitent la transmission par le sang tant du SIDA que d’autres maladies infectieuses (virus des hépatites B, C, syphilis et autres).

LHRD : A quelle fréquence donner son sang ?

DY : Les hommes peuvent donner leur sang tous les trois mois et les femmes tous les 4 mois.

LHRD : Peut-on être s’infecter en donnant son sang ?

DY : le don de sang ne présente aucun risque. Le matériel utilisé pour prélever le sang est stérile et à usage unique. Il est détruit par incinération et n’est plus réutilisable.

LHRD : Peut-on tomber malade en donnant son sang ?

DY : L’être humain adulte possède en général 4 à 5 litres de sang dans son corps, soit 1/13è de son poids. Le volume de sang prélevé est immédiatement remplacé par l’organisme après le don.

LHRD : quelles sont les activités menées par la FECADOBS ?

DY : Nous faisons la sensibilisation avant que le CNTS ne descende sur le terrain. Deux jours avant la descente du CNTS sur le terrain, c’est la FECADOBS avec les mobilisateurs qui s’occupent de la sensibilisation. Les questions techniques quand nous les superviseurs nous arrivons sur site, on va répondre à leurs questions le jour du don de sang. Il y a toujours deux superviseurs sur le terrain avec le CNTS. La FECADOBS récupère les résultats de sang pr les remettre au Président de l’ADBS pour la distribution. Il y a des banques de sang dans les locaux du CNTS. On utilise des tests ELISA pour dépister le Sida au bout de 3 semaines. C’est le CNTS qui s’occupe de donner la collation. Il y a d’abord la détermination du groupe sanguin puis les 4 marqueurs pour dépister l’hépatite B, l’hépatite C, le VIH Sida, la syphilis. En cas d’anomalie d’un résultat, le CNTS se fait le devoir d’informer le donneur par son médecin. Quelqu’un qui donne de sang c’est d’abord une personne de bonne foi qui veut sauver son prochain de manière désintéressée. La FECADOBS est mue par la solidarité entre tous les Centrafricains. En effet, le don de sang obéit à trois principes à savoir : le volontariat, le bénévolat, l’anonymat.

LHRD : Après le don de sang, comment cela se passe-t-il ?

DY : Les donneurs de sang bénéficient d’une collation légère, constituée d’une bouteille de jus de fruits, de pain et de boîtes de sardines, de préservatifs, d’une carte de donneur de sang délivrée au 3è don, d’une consultation médicale gratuite effectuée au CNTS (Centre National de Transfusion sanguine) en cas de maladie et enfin de la gratuité des produits sanguins pour le donneur, ses ascendants, ses descendants et son épouse ou son mari.

LHRD : quel est votre message à l’endroit des autorités centrafricaines ?

 DY : Il y a des autorités de ce pays qui ont donné leur sang à plusieurs reprises. J’exhorte les Deux premières Dames et Mères de la RCA, de venir nous aider la FECADOBS pour aider dans nos activités. Il faut que les Deux Premières Dames donnent l’exemple en venant donner  leur sang ce qui pourra motiver les Centrafricains de donner aussi leur sang. Depuis 2004, RECAPEV et même les Tradipraticiens ont un son siège mais FECADOBS n’a pas encore son siège pour des raisons que j’ignore malgré les efforts soutenus de l’OMS (qui nous a donnés des fournitures de bureaux) mais on a toujours pas de siège. Je demande au Gouvernement de nous donner un siège qui nous permettra de mieux travailler. Actuellement nous sommes sous les manguiers. Une insuffisance de financements est à déplorer. Nous lançons un appel à nos autorités pour que celles-ci nous trouvent une ligne budgétaire. Par ailleurs,  nous demandons à l’Union européenne, à l’Ambassade des Etats-Unis, la République de Chine, l’Ambassade de France de nous soutenir financièrement et techniquement dans nos actions car le sang n’a pas de prix. SANG DONNE= VIE SAUVEE

La Journée internationale du Don de Sang se tient chaque 14 juin. Vous pouvez donner votre sang de 8 h à 12 au CNTS du lundi au vendredi et dans les associations de la FECADOBS. Pour connaître les adresses des associations membres de la FECADOBS vous pouvez appelez au 72181475 et 75245441

Interview réalisée par Isabelle KESSEL

SOURCE JOURNAL "L'HIRONDELLE"

Le leadership réinventé de la RCA, potentiel vecteur de sa renaissance


LEONIDAS

Hégémon » fut la désignation, dans le monde hellène, du « commandement suprême » et d'une domination consentie. L'élément primordial d'une hégémonie historique est sa suprématie militaire, le « sine qua none » de son affirmation et de sa durée. Cette suprématie a deux fonctions : dissuader et contraindre. La force militaire qui lui est consubstantielle doit être écrasante, soit pour décourager un rival ou une coalition de rivaux, soit pour les vaincre et les punir en cas d'échec de la dissuasion, en cas de menace imminente ou en situation d'affrontement inévitable.
La supériorité militaire doit se traduire en une vision régionalisée de la sécurité et donc en une géopolitique d'alliances ou de coalitions (Serge SUR), appuyées sur des bases militaires, mobilisables en cas de besoin. Toute régionalisation de la sécurité ne doit pas contredire à la logique des équilibres mondiaux, ni à la défense stratégique et territoriale d'Hegemon. La vision régionalisée de la sécurité est assurée aujourd'hui : par une diplomatie totale et par une série d'outils comme les institutions supranationales ou universelles de sécurité (ONU, OSCE, UEA, OCS, etc) ou par des instances de coopération multinationales (Banque Mondiale, Fonds Monétaire international, OIC), par la transformation de la puissance matérielle ou classique en puissance immatérielle et globale et, par conséquent, par l'intelligence et le Linkage vertical et horizontal qui constituent des transformations structurelles de l'hégémonie, par l'importance acquise par le « soft power » comme producteur de « sens » et comme facteur d'unification des valeurs et des pratiques sociales innovantes ( l'éducation, la science et la culture). On l’a bien compris c’est la puissance militaire qui empêche les autorités centrafricaines d’affirmer à l’heure actuelle leur leadership. La régionalisation de la sécurité incarnée en RCA par la MINUSCA  contredit en effet la logique de la défense stratégique et territoriale centrafricaine, puisque la force onusienne au lieu de stabiliser la situation, contribue à entretenir la confusion et le chaos ambiants.  Ensuite, le leadership est la variante politique, césariste ou managériale d'une hégémonie, au sein de laquelle il s'incarne en une dimension oligarchique et subjective, mobilise le potentiel et le convertit en pouvoir extérieur. Son fer de lance est constitué par la vision large de la situation, par la capacité d'anticipation et d'invention, la saisie des occasions et la manœuvre, dictée par la culture opératoire d'une élite. Le leadership se définit également par la maîtrise des réformes organisationnelles, institutionnelles ou sociétales et par la souplesse d'adaptation permanente au monde. Le leadership est par ailleurs l'activateur d'une vision et d'un renouveau, bref d'une renaissance et d'une solidarité collective. L'hégémonie exprime une évidence dynamique objective, incontestable et universelle et constitue le socle du leadership. Ce dernier en suggère et élabore le mouvement et l'action, la prééminence et la hiérarchie Le leadership, c’est aussi la projection vers l'extérieur d'une ambition personnelle ou d’un groupe tendanciellement individualiste et anti-égalitariste. Sa raison d'être est l'arbitrage, son horizon des objectifs larges, sa force entraînante la capacité de mobilisation, sa finalité la confiance interne et internationale, son but ultime le succès. Quant à la théorie du « soft power » élaborée il y a une vingtaine d'années par le Professeur Joseph NYE de l'Université de Harvard, il se résume à la capacité de convaincre les différents acteurs du système à faire ce que le détenteur de ce pouvoir voudrait qu'il fasse. A la différence des autres formes de pouvoir, économique ou militaire, ce pouvoir est chancelant et conjoncturel.  Dans ce système de légitimité fondé sur la culture ou sur le ralliement à un « modèle de vie », la force de l'hégémonie se mesure à la créativité d'une société et à sa capacité à formuler des propositions de compromis vis-à-vis d'autres forces sociales et d'autres unités politiques. Elle apparaît ainsi comme « Soft Power ». En définitive et à défaut de disposer d’une armée conventionnelle classique et d’une force onusienne impotente, le Président centrafricain se doit d’explorer d’autres pistes pour stabiliser son pays. On peut évoquer le ciblage chirurgical des éléments qui « posent problème » en terre centrafricaine à l’instar de Nouredine ADAM, Abdoulaye HISSENE, Ali DARAS, AL KATIM, SIDIKI et leurs acolytes interlopes. En d’autres termes l’élimination physique des terroristes précités.  TOUADERA doit faire de l’Art de la guerre du chinois SU ZOU son livre de chevet. Même sans armée conventionnelle mais avec de bons experts et conseillers militaires, et un renseignement de terrain de haut vol, l’hydre djihadiste qui s’est invité en République centrafricaine pourra être rapidement éradiquée. Le Chef de l’Etat doit donc s’entourer d’experts internationaux reconnus dans la stratégie anti-terroriste et qui peuvent l’aider à peser auprès des leaders de ce monde. Le Président de la République doit s’affranchir durablement de la force onusienne pour se réapproprier son leadership et en imposer aux mercenaires avec qui il ne sera plus question de dialoguer et être respecté de ses voisins tels que le Tchad, le Soudan qui n’auront plus de velléité à déstabiliser la RCA. Tout est une question de stratégie et c’est sur le terrain que se joue le futur de la sécurisation de la Centrafrique. Néanmoins la capacité du Président centrafricain à initier des démarches diplomatiques à un haut niveau décisionnel contribuera aussi à créer un soft power centrafricain, par le biais d’une diplomatie visionnaire, inventive et agissante.

Isabelle KESSEL

SOURCE JOURNAL "L'HIRONDELLE"

Le Représentant de la FAO déclare « on dépense des milliards de dollars pour le conflit syrien, alors que 20 millions de dollars sont suffisants pour changer la donne centrafricaine. »


A l’heure actuelle, la communauté internationale se focalise sur l’assistance humanitaire, ce qui maintient ces gens dans leur statut de déplacés alors qu’ils souhaitent rentrer chez eux avec une petite aide qui serait un coup de pouce pour qu’ils redémarrent rapidement une petite activité génératrice de revenus. Le Représentant de la FAO, Monsieur Jean-Alexandre SCAGLIA a bien voulu recevoir l’Hirondelle pour nous exposer les perspectives de son Institution pour 2018. En substance, il nous a fait savoir qu’il fallait une alternative avec un vrai engagement à long terme des bailleurs de fonds pas pour un an mais pour 5 ans. Et ce pour un relèvement pérenne de la République centrafricaine.

L’Hirondelle (LHRD) : Pouvez-vous nous  présenter le bilan de la FAO en République centrafricaine pour 2017 ?

Jean-Alexandre SCAGLIA (JAS) : Nous restons dépendants des financements extérieurs. Nous sommes encore très marqués par l’action humanitaire même si en 2017, nous sommes parvenus à appuyer plus de 175000 ménages soit 400000 personnes en semences et en outillage. Nous avons deux modes de distribution. Tout d’abord la distribution directe et ensuite les foires aux semences auxquelles beaucoup de gens ont participé.

LHRD : Pouvez-vous par conséquent affirmer que les choses changent en RCA ?

JAS : En 2017, nous avons organisé une quinzaine de foires en toute quiétude alors qu’en 2016 nous n’en avions tenu que 2 ou 3. Il y a donc une amélioration notable. Sur le fond, la situation s’améliore. Mais des poches de violences dans l’arrière-pays restent à déplorer telles qu’à Paoua, Bangassou, Bria etc… Mais il ya aussi de grandes réussites telles que la première grande campagne de vaccination du bétail. Nous sommes allés dans des zones compliquées avec une population transhumante et des affrontements qui avaient lieu. C’était en définitive une opération compliquée mais nous avons réussi. Ce qui constitue pour nous une source de grande satisfaction avec 1,3 millions de gros bétail vacciné. Les Peuhls ont pu venir aux centres de vaccination. L’ambiance dans le pays commence à changer dans le bon sens.

LHRD : Quelles sont les difficultés de la FAO en terre centrafricaine ?

JAS : Les bailleurs de fonds restent très orientés sur l’appui humanitaire. Nous avons à la FAO quelques projets tels que l’Initiative Jeunesse, le Projet Reboisement. Nous aspirons à travailler sur le volet redressement mais nous n’avons pas les fonds idoines pour cela. Les populations centrafricaines souhaitent que la FAO s’implique dans le redressement de leur pays. Mais encore une fois il faut de l’argent. Ce qui constitue un vrai défi. Nous sommes en discussion avec la Banque mondiale, la BAD, l’Union européenne. Il nous faut 20 millions de dollars pour le redressement de la RCA.

LHRD : Quelles sont les perspectives de la FAO pour 2018 ?

JAS : Il y a deux axes que le Gouvernement centrafricain se doit de réaliser en 2018. Le relèvement de la RCA et une stratégie de retour des déplacés internes. Pour que le redressement, dont je viens de parler, se concrétise, il faut de vraies actions dans le secteur agricole et de vrais programmes de redressement. On doit  mettre en place de vrais programmes de redressement agricole (pisciculture urbaine, élevage, forêts, artisanat) car c’est ce secteur qui fait vivre toute la population centrafricaine. Il faut par ailleurs que des taxes soient payées (secteur forestier) pour financer le budget national. Car le Gouvernement centrafricain a besoin de financements. Si on ne parvient pas à mettre en place le redressement national en 2018, on ne réussira pas la paix et il y aura encore des violences.  Si les gens ne trouvent pas de travail, ils continueront à verser dans la violence. On ne produira pas la paix avec plus de policiers ou de soldats, mais avec de l’emploi et des taxes qui iront alimenter les caisses de l’Etat. C’est à ce prix que l’on parlera de relèvement et de développement. Concernant le deuxième défi de 2018 il s’agit d’une stratégie de retour pour les déplacés. On estime entre 400000 et 600000 déplacés internes dans les camps ou dans leurs familles. Je suis personnellement allé à Bambari et j’ai rencontré des groupements de femmes et de jeunes. Ils se plaignent qu’on ne leur propose rien. Il faut un vrai Plan de Retour. Ces gens ont perdu leur capital de production. Ils nous demandent de les aider. Ils ne demandent pas beaucoup : une brouette, un lot de semences, des outils. A l’heure actuelle, la communauté internationale se focalise sur l’assistance humanitaire ce qui maintient ces gens dans leur statut de déplacés alors qu’ils souhaitent rentrer chez eux avec une petite aide qui serait un coup de pouce pour qu’ils redémarrent rapidement une petite activité génératrice de revenus. Quand je suis arrivé en République centrafricaine en 2014, on m’avait dit que le camp de déplacés de Mpoko ne fermerait jamais. Aujourd’hui ce camp est fermé. Les gens sont très raisonnables et ils ne demandent pas grand-chose. En tout et pour tout il s’agit d’octroyer une dizaine de dollars par famille de déplacés soit une goutte d’eau. J’exhorte la communauté internationale à débloquer une somme de 20 millions de dollars US pour un programme significatif, visible et qui va véritablement changer les choses en République centrafricaine. On dépense des milliards de dollars pour le conflit syrien. En RCA avec 20 millions de dollars on change la donne en intégralité. Et ce pour transitionner vers autre chose que de l’humanitaire. Je considère qu’il y a un déficit de leadership au niveau de la communauté internationale qui se satisfait de dons à hauteur de 1 million de dollars ce qui au final ne permet pas un relèvement pérenne et il y a par ailleurs un déficit de leadership au niveau du Gouvernement centrafricain qui manque de capacités pour formuler précisément les vraies priorités concernant le premier pilier du RCPCA à savoir le Relèvement. Il faut par conséquent sortir de sa zone de confort dans laquelle on a l’impression  que l’on peut rester dans l’humanitaire. La communauté internationale donne de l’argent facile et les Autorités nationales se laissent bercer par ce confort. Il faut une alternative avec un vrai engagement à long terme des bailleurs de fonds pas pour un an mais pour 5 ans. Il faut une reprise en main des Autorités centrafricaines avec de vraies compétences, une véritable stratégie et surtout une bonne formulation des priorités. On se fixe 5 ans pour opérer un vrai relèvement et sortir de cette situation où l’on est.

LHRD : Quelle est votre plus grande crainte concernant la crise que connaît la RCA ?

JAS : Le danger qui guette la République centrafricaine c’est que ce conflit s’éternise durant des années. Avec un statu quo qui va coûter très cher à la communauté internationale.  Cette même communauté internationale qui évite l’effondrement total de la RCA. Mais dans le même temps qui ne sort pas le pays de sa situation inextricable. Cela peut durer 10 ans, 20 ans. Jusqu’à la prochaine convulsion. Je le redis, il faut un véritable développement économique. Le potentiel est là. La population centrafricaine n’est que de 4 millions. C’est jouable. Les indicateurs économiques peuvent s’améliorer en très peu de temps en 6 mois. Il faut relancer l’exportation du bois, du coton, du café, du cacao.  Les gens sont bloqués dans leurs démarches car il leur manque une dizaine de tôles et un cadenas pour fermer la porte de l’entrepôt où ils souhaiteraient faire sécher leur café. C’est vraiment dommage. Ils ont un problème de trésorerie. Les gens sont bloqués par des petites choses. Leur véhicule est en panne et il n’y a pas de pièce détachée. Ce sont des exemples comme cela qui expliquent que les choses bougent difficilement alors qu’il devrait en être autrement. Pour peu qu’il y ait de la bonne volonté de la part des Autorités centrafricaines.

LHRD : Pouvez-vous nous parler du Projet Initiative Jeunesse de la FAO ?

JAS : L’appui financier destiné à ce Projet est malheureusement très insuffisant. Ce projet a fonctionné à Bambari. Nous avons formé 1500 jeunes par vague en techniques culturales, en élevage de poulets, en pisciculture. Nous avions par ailleurs un programme axé sur le maraîchage en partenariat avec la JPN et le Ministère de l’Entrepreneuriat. Le Ministère précité forme les jeunes en éducation financière, gestion et comptabilité ainsi que sur les aspects juridiques comme l’immatriculation d’une société. Quant à la JPN, elle s’occupe de l’animation et de la formation en entrepreneuriat des jeunes ainsi que de l’aspect social. Les gens sont inscrits sur liste d’attente. Il y a un engouement pour ce projet. Nous sommes actuellement en phase d’évaluation. Quant aux 1500 jeunes formés, la majorité s’est installée à son compte. C’est donc en grande partie une réussite pour la FAO. Quant aux échecs de certains jeunes, on travaille sur leurs causes  avec une Unité de suivi-évaluation. Nous allons à ce titre très prochainement organiser un vaste Atelier national avec le Ministère de l’Entrepreneuriat sur la refonte du Code de l’Entrepreneuriat et des PME voire des nano-entreprises. Les TPE (Très Petites Entreprises) ne sont pas prises en compte par la loi centrafricaine. Il en va de même pour l’Auto-Entrepreneuriat. De surcroît, il faut une simplification des procédures administratives pour la création d’entreprise en République centrafricaine. Il convient de revoir l’ébauche du projet de loi concernant le Code précité et ce de manière participative. Enfin, il faut tout faire pour sortir les jeunes Centrafricains de l’informel. Il y a de nombreuses perspectives économiques pour ce pays telles que l’artisanat de niche, les réseaux de commerce équitable et produits agricoles haut de gamme à l’export avec des labels et des appellations d’origine contrôlée. Ce qui permettrait de distinguer la RCA des autres pays africains par une approche résolument originale et innovante.

Interview réalisée par Isabelle KESSEL

SOURCE JOURNAL "L'HIRONDELLE"

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