Monsieur
Robinson DJAMAWA, Jeune Leader centrafricain, à la tête de DJAMAWA BTP, une
société de construction. Il a bien voulu recevoir l’Hirondelle pour nous
édifier sur les enjeux du leadership de la Jeunesse responsable de l’émergence
de la République centrafricaine.
L’Hirondelle
(LHRD) : Pouvez-vous nous brosser les enjeux du leadership des Jeunes en
terre centrafricaine ?
Robinson DJAMAWA
(RD) : Nous
les Jeunes Leaders centrafricains nous avons une responsabilité dans le
changement des Jeunes de ce pays, avec un développement du civisme et l’arrêt
des destructions. Nous les Jeunes centrafricains nous devons proposer une vision, des solutions afin de changer
notre avenir. Cela passe par le changement des mentalités. L’apprentissage d’un
métier pour mettre fin au chômage endémique. Tout le monde ne peut pas être
fonctionnaire. L’Etat centrafricain n’a pas les moyens d’embaucher tout le
monde. Alors, les jeunes doivent se prendre en main et aller vers
l’entrepreneuriat. C’est la clé du développement de la République
centrafricaine. On doit renforcer l’autonomie des jeunes et les associer à la
prise des grandes décisions, des programmes et des politiques qui intéressent
le pays. On doit aussi renforcer les capacités des jeunes Centrafricains (en
priorité les jeunes marginalisés) à faire progresser leurs droits fondamentaux
et les questions de développement notamment la santé, l’éducation et l’emploi.
Les jeunes Centrafricains doivent participer de manière proactive aux forums internationaux et régionaux.
LHRD :
Que pensez-vous des jeunes qui ont été embrigadés dans les groupes armés ?
RD : Beaucoup de ces jeunes n’ont pas
d’autre alternative que de prendre les armes. Résultat ils entrent dans les
groupes armés par désespoir et deviennent des épaves dans la brousse. C’est une
jeunesse sacrifiée sur l’autel des intérêts politiques égoïstes. Notre jeunesse
a été manipulée. Nous jeunes Leaders Centrafricains nous disons stop aux
groupes armés et aux politiciens centrafricains véreux à la solde des grandes
puissances. La classe politique centrafricaine ne propose rien à notre
jeunesse. Nous n’avons pas besoin des hommes politiques, on va définir
nous-mêmes notre avenir. Un avenir en confiance. On n’attend rien du
Gouvernement et encore moins de l’Opposition. Il faut créer des emplois
nous-mêmes. Nous demandons au Gouvernement de former les Jeunes dans des
métiers tels que la maçonnerie, la menuiserie, l’électricité, la mécanique, le
commerce, la comptabilité, la gestion, et les démarches fiscales. On doit
assurer la promotion de l’initiative privée en République centrafricaine.
LHRD :
Que pensez-vous des massacres perpétrés dans l’arrière-pays ?
RD : J’exhorte les groupes armés à
déposer les armes et à mettre fin au calvaire enduré par nos frères et sœurs.
On ne peut pas construire un pays avec les armes. La paix n’a pas de prix.
J’encourage les Autorités centrafricaines à accélérer le processus de
désarmement. Je remercie la République française car c’est ce pays ami qui a
empêché le génocide en 2013 opposant Balakas et Sélékas. On a réchappé au pire,
à l’innommable. Pour cela, la France est à saluer. La République française et
la République centrafricaine seront toujours des Républiques sœurs.
LHRD :
Quel est votre sentiment sur la formation des FACA par les instructeurs
russes ?
RD : Je remercie et j’encourage
l’initiative de la Fédération de Russie pour former nos FACA qui deviendront
des forces d’élite et seront à même dans un futur proche, d’assurer l’intégrité
de notre territoire. On veut avancer. Ceux qui ne veulent pas que la RCA se
développe, tant pis pour eux.
LHRD :
En tant que jeune Leader centrafricain, quel est votre message à l’endroit du
Gouvernement centrafricain ?
RD : La Jeunesse centrafricaine ce
n’est pas la Jeunesse de demain mais c’est déjà la Jeunesse d’aujourd’hui.J’exhorte
par conséquent notre Gouvernement à améliorer le taux d’alphabétisation et
d’achèvement des études primaires et de rendre accessible aux Jeunes
Centrafricains les technologies de l’information et de la communication afin de
nous ouvrir de nouvelles opportunités. Enfin, je demande aux Autorités
centrafricaines de ne pas oublier les Jeunes handicapés et les Jeunes vivant
dans les zones rurales ou marginalisées. Afin que tous les Jeunes
Centrafricains soient traités sur un même pied d’égalité. Le Gouvernement
centrafricain doit impliquer les Jeunes
dans la mise en œuvre des réformes. Suscitant l’espérance mais aussi de
nombreuses préoccupations, l’enjeu de
l’encadrement et de l’accompagnement de cette Jeunesse de Centrafrique, sera la
clé de voûte du développement de notre pays.
Interview réalisée par Isabelle KESSEL
SOURCE JOURNAL "L'HIRONDELLE"

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