Perchée sur un balai comme Harry Potter, prise au piège d'un sac en
plastique ou en lévitation chez elle: une Japonaise de 90 ans fait fureur sur
les réseaux sociaux, avec ses clichés bourrés d'humour. Son exemple pourrait
inspirer les Photographes d’art centrafricains pour montrer au monde l’humour
et la résilience du peuple de RCA.
Armée de son appareil photo, Kimiko Nishimoto, bientôt 90 printemps et plus
de 41 000 abonnés Instagram, s'amuse comme une folle en imaginant des
photos farfelues. Cette arrière-grand-mère japonaise est devenue un phénomène
sur Internet en seulement deux mois grâce à ses clichés hilarants qu'elle a commencé à publier
régulièrement depuis le mois de novembre 2017. Née en 1928, année de la
cérémonie de couronnement de l'empereur Hirohito, elle a découvert la photo sur
le tard après une vie de mère au foyer. Quand elle commence à prendre des
cours, à 72 ans, c'est le coup de foudre. "J'adore mon appareil
photo", confie la charmante octogénaire, dans sa maison de Kumamoto, dans
le sud-ouest du Japon. "Je le garde à mon chevet quand je dors, juste au
cas où. Je l'ai toujours près de moi." Dix ans plus tard, elle
organisait sa première exposition en toute discrétion dans sa ville natale.
Mais sa récente conversion aux réseaux sociaux a propulsé sa renommée bien
au-delà des frontières de sa province. En décembre 2017, elle a même eu les
honneurs de la capitale japonaise, et de nombreux fans se sont pressés dans la
galerie de Tokyo qui présentait ses oeuvres. Kimiko Nishimoto n'en revient
toujours pas. "Au début, je ne savais pas que mes photos étaient aussi
populaires", raconte-t-elle, les yeux rieurs. "Ce n'est pas tant que
j'essaie de choquer les gens, je prends simplement des photos que je trouve
amusantes." On la voit le visage tordu d'angoisse après être
prétendument tombée de vélo, pousser son chariot de courses à toute vitesse ou
encore être assaillie par une nuée de corbeaux en colère. "Je ne me suis
jamais blessée en faisant mes photos", assure-t-elle. Mais "je ne
pense pas vraiment au danger." Que ceux qui croient que les nouvelles
technologies ne sont pas de son âge se détrompent: elle gère elle-même son
compte Instagram sur son smartphone et maîtrise à merveille le montage photo,
au point qu'elle apparaît "en lévitation" sur plusieurs images,
déguisée en fée ou offrant une prière devant l'autel de son mari. Mon époux est décédé il y a cinq ans mais
encore aujourd'hui, je lui montre mes photos", dit la vieille dame qui a
trois petits-enfants et six arrière-petits-enfants. "Il m'a toujours
soutenu quoi que je décide de faire." Aujourd'hui Kimiko Nishimoto vit seule,
avec pour compagnie celle du robot semi-androïde Pepper, un cadeau de son
fils. Mais ces jours-ci, elle n'a pas vraiment le temps de converser avec
le volubile personnage blanc monté sur roulettes. "Oh, je ne l'ai pas
allumé depuis un petit moment. Cela crée plus de tracas qu'autre chose, ce
machin!", plaisante-t-elle. Elle préfère s'adonner à ses mises en
scène. Après avoir débusqué son matériel dans le fouillis de son studio, elle
enfile une moelleuse combinaison de chien et s'enchaîne à un poteau dans son
jardin. Puis immortalise le tout en actionnant son appareil avec une
télécommande. Les idées ne me viennent pas soudainement à
l'esprit", glousse-t-elle. "Mais où que j'aille, j'imagine de quelle
manière amusante je pourrais m'habiller à cet endroit". "A vrai dire,
je ne pense pas au sens profond de la photographie pour moi", insiste la
vieille dame. "Je veux simplement essayer d'apporter de la joie. C'est le
secret de mon bonheur et je continuerai tant que je suis en vie."
Nous espérons voir très bientôt des Mamies centrafricaines suivre l’exemple de
cette Japonaise pour donner à la photographie d’art centrafricaine ses lettres
de noblesse à l’international (comme à PARIS PHOTO qui a eu lieu en octobre de
chaque année) et montrer l’humour et la capacité de résilience des Centrafricains.
Isabelle KESSEL
SOURCE JOURNAL "L'HIRONDELLE"



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