Pour le Dr HIBAILE, le CIDEL aspire à renforcer le leadership de la RCA

Le CIDEL (Centre International pour le Développement de l'Ethique du Leadership) créé en 2005 a pour objectif de former les Leaders centrafricains à l’Éthique et à instiller la résilience au sein des populations tout comme auprès des décideurs de la RCA.  Le CIDEL est situé derrière la Faculté des Sciences de l'Université de Bangui. Le Dr Augustin HIBAILE a bien voulu recevoir l'Hirondelle pour exposer les activités du CIDEL et les perspectives d'intervention pour 2018 avec un accent mis sur les jeunes Leaders et les Femmes Leaders. Entretien.


L'Hirondelle (LHRD) : Quelle est la genèse du CIDEL ?

Augustin HIBAILE (AH) : En 2005, le CIDEL est né d'un constat amer, celui du déficit de l'éthique et du leadership. Un déficit observé depuis de nombreuses années à trois niveaux. Tout d'abord au niveau familial. Ensuite au niveau des Institutions religieuses. Et enfin au niveau de l'Etat. Si un individu ne sait pas comment diriger sa famille, il ne sera pas en mesure de diriger toute une Administration. Je fus aumônier de la police pendant  dix-sept ans. J'ai eu l'occasion de constater des anti-valeurs quand je circulais dans le pays. Je constate par ailleurs que chez certains leaders religieux, il est prôné la bonté alors que ces mêmes leaders font le contraire en pratique. Ils vivent l'opposé de leurs paroles. Tout cela m'a interpellé. Et j'ai rendu mon tablier de formateur dans le domaine théologique pour finalement créer le CIDEL qui est le Centre International pour le Développement et l’Éthique du Leadership. Dont le siège est situé à l'Université de Bangui. Le CIDEL fut reconnue comme ONG nationale en 2005 puis comme Association en 2006.

LHRD : Quelles sont les activités menées par le CIDEL ?

AH :  Cette ONG travaille en plusieurs endroits du monde. Elle est reconnue par le Gouvernement camerounais depuis 2013. Nous faisons des formations en termes de séminaires à l'intention des leaders, afin de renforcer la cohésion au niveau de la Société à la base de laquelle on trouve la famille. Nous organisons par ailleurs des séminaires avec différentes thématiques auprès des leaders religieux.  Nous avons ensuite organisé des séminaires destinées au Gouvernement centrafricain, aux partis politiques, aux entreprises. Un accent particulier est mis sur la formation des jeunes Leaders centrafricains au niveau de l'Université de Bangui. De là nous avons décidé de construire un Centre Universitaire d'Ethique du Genre et du Développement du Leadership. Ce centre est un espace de formation, de renouvellement de l'intelligence et d'orientation des jeunes vers un leadership au service de la Nation. Que l'on appelle aussi le Leadership serviteur. Le CIDEL a signé un partenariat avec l'Université de Bangui. Cela nous permet de contribuer à la conception des curricula. En outre, nous avons eu à organiser des ateliers de conception de cours sur l'éthique, la micro-entreprise et nous envisageons à terme d'introduire des programmes en partenariat avec l'Université de Pretoria en Afrique du Sud.

LHRD : En quoi consiste l'éthique de l'information ?

AH : L'éthique c'est ce qui permet aux communicateurs de comprendre l'enjeu des nouvelles technologies de l'information et de la communication. Ce qui constitue des technologies non enseignées au public. Nous souhaitons par conséquent que ce même public puisse s'approprier de ces technologies de manière éthique. Le téléphone cellulaire est un instrument de communication commercial. Son usage doit revêtir un aspect éthique. Tout comme l'usage du véhicule créé par FORD, et dont l'utilisation a ensuite exigé la mise en place de réglementations dédiées. L'éthique a donc pour but ultime de faire réfléchir les individus sur le bon sens dans telle ou telle thématique. Le CIDEL travaille déjà avec l'Institut africain pour l'éthique de l'information de l'Université de Pretoria, dont le Directeur a déjà été présenté au Staff rectoral de Bangui. Et ce dans l'optique de former des enseignants. Nous avons ensuite travaillé  dans le domaine de l'humanitaire en distribuant des kits aux déplacés internes à Bimbo, Sica 1 en 2015. Nous avions organisé des séminaires sur la semaine de la paix et de la cohésion sociale au village de Boyalé sur l'axe Boali à 120 Km de Bangui. Ce qui a permis de restaurer la réconciliation dans la zone.  Avec les jeunes leaders, les leaders religieux, les leaders communautaires et les femmes leaders de cette localité. Nous avons procédé à un suivi sur ce dossier et nous avons pu conclure que 82% de la population de Boyalé avait apprécié notre initiative dans le domaine du pardon.

LHRD : Qu'attend le CIDEL pour aller convaincre les chefs rebelles tels que Noureddine ADAM, Ali DARAS et compagnie de déposer les armes et de laisser les Centrafricains vivre enfin en paix ?

AH : Pendant les évènements de 2013-2015, le CIDEL ne pouvait travailler dans le sens de ses objectifs statutaires. Nous sommes restés sensibles à ce qui se passait. Nous avons dénoncé les atrocités. Les gens étaient dispersés et on ne pouvait plus enseigner. Nous avons dû trouver des alternatives dans notre façon de procéder. Nous avons travaillé sur le volet humanitaire. J'ai reçu une formation dans le domaine du DDRR en 2013 à Barcelone, en Espagne avec le Barcelona Peace and Reconciliation. J'ai donc pu intégrer ce volet dans nos formations. Si on nous en donne les moyens, nous sommes prêts à créer des contacts avec les chefs de groupes armés pour les orienter vers une prise de conscience sur la nécessité du Vivre ensemble. Et ce pour qu'à l'avenir ils évitent de s'entretuer.

LHRD : Quelles sont les perspectives du CIDEL pour 2018 ?

AH : Pour 2018, nous souhaitons renforcer la formation de nos étudiants dans le domaine du leadership en général et féminin en particulier. Initier les étudiants centrafricains dans le domaine de l'éthique appliquée, qui consiste à questionner les problèmes sociaux. Nous cherchons des référentiels qui permettent de résoudre les problèmes moraux et éthiques du pays. Afin d'apporter de l'équilibre dans la vie de nos concitoyens. Nous avons comme projet d'utiliser les étudiants formés dans notre Centre pour qu'ils œuvrent à la réforme de la Société centrafricaine. Nous appelons cela l'acronyme GENIEARMES. Les étudiants une fois formés, diffuseront les enseignements à leurs pairs au sein d'autres universités. En 2018, nous allons organiser des séminaires avec d'autres partis politiques. Ensuite, nous attendons d'autres opportunités pour réaliser les recommandations du séminaire gouvernemental tenu en avril 2017. Nous voulons apporter nos expertises aux institutions étatiques de la République centrafricaine. Nous souhaitons former les leaders d'aujourd'hui et de demain. Nous avons pour ce faire, besoin de soutiens financiers et je lance un vibrant appel aux partenaires techniques et financiers de la RCA, pour soutenir nos actions en termes de leadership.  L'optimisme est notre credo. La RCA peut faire montre de résilience et aller vers le positif à l'instar du Rwanda, qui revient de loin. Le Rwanda est devenu cette année la 3ème puissance économique d'Afrique, derrière le Nigeria et l'Afrique du Sud. Pourquoi pas bientôt la RCA ? Nous faisons appel aux filles et fils de RCA pour apporter leur contribution au relèvement du pays, comme le fait le CIDEL à travers la promotion de l'éthique et du leadership. Enfin, le CIDEL co-organise une conférence-débat avec le Think Tank PROMETHEUS-RCA le samedi 21 avril 2018 à 15H au Stade Omnisports. Sur le thème : Leadership des Jeunes : quelles perspectives pour la RCA ?

Interview réalisée par Isabelle KESSEL

SOURCE JOURNAL "L'HIRONDELLE"

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